exercice de style

by EDS.

/
  • Streaming + Download

    Includes unlimited streaming via the free Bandcamp app, plus high-quality download in MP3, FLAC and more.

    Bonus : 7 photos de Xavier Cambervel (Pict-Your)

      €8 EUR  or more

     

  • Compact Disc (CD) + Digital Album

    La commande du CD donne aussi droit au téléchargement immédiat de l'album digital.

    Includes unlimited streaming of exercice de style via the free Bandcamp app, plus high-quality download in MP3, FLAC and more.
    ships out within 2 days

      €10 EUR or more 

     

1.
02:52
2.
3.
4.
5.
03:46
6.
7.

about

L’écriture rap est un exercice de style. L’auteur s’impose des contraintes de style littéraires et rythmiques qui, si elles se veulent au service du propos, peuvent parfois l’éclipser.
De même, la recherche excessive de style peut rendre le tout artificiel, et nuire à la communication de l’émotion.

Sur son premier EP, EDS exerce son style sur les propositions de 7 beatmakers différents. 7 titres, 7 beatmakers, 7 photos.

Le EP “exercice de style” a été réalisé en collaboration avec Xavier Cambervel (www.pict-your.com), photographe professionnel passionné comme un amateur. Une photographie vient illustrer chaque titre du projet.
Les photos (incluses dans le package digital du EP) se suivent comme les pages d’un livret ! Le souhait était aussi d’offrir un plus à ceux qui restent attachés au visuel d’un album, comme au soutien des artistes.
___________________________

Merci : à chaque personne dont le nom apparaît dans les crédits plus bas : beatmakers, musiciens, ingénieurs du son, infographiste, photographe, réalisateur vidéo.

A toutes les personnes qui nous ont aidés pour la série de photos “Exercice de Style” : Gladys & Eric, le public des Ateliers Laché Chivé, JS, Alexandre, Joana, mes parents, Ortnegg, Mathieu, JC, Yann, Loubas..
_____________________________

credits

released October 13, 2014

beatmakers :
1. EDS.
2. Nic's
3. Kakophonie Beatméka
4. Boogie Flaha
5. Lautrec
6. Alphaaz
7. Amoz'

arrangements (1), (5) : Manuel Mondésir
basse (1), (2) : Amoz'

mixage : Williams Café
mastering : Blanka
enregistrement : Lautrec sauf (1) EDS. , à Paris

photographie : Xavier Cambervel (Pict-Your)
artwork : Kung Lao & g21designz

réalisation clips : Wally Fall
images "massive" : Manuel Mondésir
images "pawòl" : Pict-Your

facebook / youtube / bandcamp / soundcloud : EDSmusiq

tags

license

all rights reserved

about

EDS. Paris, France

MC de Martinique, vivant à Paris. Tout neuf en solo, pourtant déjà plusieurs albums et scènes en groupe, avec Sked Skwad ("chimen chien") et Laché Chivé ("laché chivé kréasyon" et les ateliers), et bien d'autres collaborations. Le hiphop créole pour première école... ... more

contact / help

Contact EDS.

Streaming and
Download help

Redeem code

Track Name: Massive
tu as des MCs qui ont un style bad, d’autres qui ont un style pourri
qui font style ils te clashent, et ensuite courent vite
premier lyrics que tu lâches, voilà qu’ils s’étourdissent
puis froncent les sourcils style “cessons ces broutilles”
tu en as plein en haut des charts : en sont-ils tous dignes ?
près de moi il y en a qui écrasent, qu’on garde en sourdine
quant à ceux qui sont dans les bacs, et en session sont à court de rimes ?
moi je te le dis tout de suite : le plus triste c’est leur public
et ça pue le piston, tcha! sans que la mécanique ne rutile
en plus ils sont lâches et se classent parmi les plus clean
mais j’ai vu le film 100 fois, et je crois ce qu’en dit la doctrine :
peu importe le standing, un fucking reste un fucking

“hands up” si ou sé an masiv, “massive”
“hands…” euh, si ou sé an fucking, “bouh”
ou suiv ? nou pa bizwen mélanjé piès mannyè
ek an tibolonm / timadanm ki konpwann i adan an baay épi i pa adan ayen

tu as des “good body gyal” qui “wine” sans aucun charme
et tu as des “roots natural” dans la danse “official”
qui se lâchent sans que tu le saches car pas venues pour s’afficher
se crisper sous les regards vicieux vissés sur leurs fessiers, “mé sé ki sa !?”
tu as des femmes qu’on appelait “wattapumpy”
je les préfère aux “yèyèz”, moins niaises, plus dégourdies
tu as les déesses de mon espèce, foncées blêmes ou métisses
des chabines qui se revendiquent négresses, et tu as des négresses bounty
tu as des filles qui ont du “style” même quand elles font du slack
d’autres dès qu’elles ondulent ça, berk! elles n’ont aucune classe
certaines ont plus d’une facette, d’autres n’ont qu’une surface
c’étaient elles qu’on surclassait… mais ça c’est du passé

je le donne aux “massive”, et je le donne aux “fucking”
ceux qui connaissent le son, et ceux qui font comme si
ceux qui aiment que pètent le son et ceux qui te le confisquent
ceux qui respectent le son, et ceux qui se font “kill”
dans ce texte ou dans n’importe quelle vieille compile
ceux qui aiment presque le son, et ceux qui me font rire
ceux qui me font mourir de rire
car ils n’ont aucun sens de la rythmique

tu as des types qui te disent qu’ils savent, mais ne savent pas ce qu’ils disent
d’autres qui distillent ça avec style dans un “sixteen bars”
tu as ceux qui se disent artistes, d’autres qui se disent stars
qui stagnent et disparaîtront, triste histoire
tu as ceux qui te mixent piste par piste
un petit freestyle dans un studio XXLarge
d’autres enregistrent un classique dans une petite salle
alors sista, dis-moi, qu’est-ce que tu dis de ça ?
“hands up” si ou sé an masiv, et plus vite que ça
et les puristes partent du ring en zig-zag
car quand le rap se divise, pénurie de lyrics bad
Track Name: Gwo Pwel & Wélélé
tet-ou pati, i pa di-w la i alé
sé grenn-ou ou ka suiv, dépi jou-taa lavi-a bel
ou paa tann ayen, manman-w pé babiyé,
tanpi ba-y, sel filozofi-w sé jwi lavi !
sa moun di ? an bann “haterz”, ba-w sa pa ni valè
sé “just” an fon mizikal pandan ou ka viv-li
a mil a lè, asou lawout ou di ou pa bizwen rada
ek sa ki jalou, fè plis ki-w… mé boug
ki sa ou fè ?? ou pa jen ka fouté “nada”
boulé kon kadav ka suiyé atè kon si ka-y la pa ni balè
ay trapé bab initil, gwo pwel
lè sanmdi rivé, kay kouri chèché wélélé…

gwo pwel é wélélé
yo ka di-w “one life”, opli débiel, sékélé
an lavi gwo pwel é wélélé
chak jou sé pléré, ri, viré pléré

yo ka viv-li malad, san limit, o pli déréglé
yenki gwo pwel é wélélé

“attention whore”
mwen pa menm konnet-ou, mé mwen rikonnet do-w
tout fès-ou ja asou facebook
ou di ou pwan foto-la an jou ou té près sou
pibliyé-y kan menm, pas ou pa asou piès moun ?
wow... lo kòmantè-a ka ba-w manjé ?
pa menm jou ou manjé tè, ou ka anflé
ou vin an star virtuel ba-w pa ni piès danjé ?
tet-ou pati, pa di-w la i alé !
entèwnet ka fè moun ped tet
réflèksion ped mèm pas vitès met
ki ou bet ki ou ni entélèk sé menm bet
ka anni bwè tout san tjek prev..
lé mèm ki pa lé kwè sa jouwnalis ka di latélé
ka anni kwè tout maji lè i si entèwnet
an artik san dat san sous, sa pa jennen-w ?
pawtajé ! Fè tout kontak-ou déchéné
"#wélélé"…
pa ka wè sa ka fet an gran, bizwen sav sa ki séré ?
déjwé konplo asiz dèyè òwdinatè ?
dépi an neg rich fo i sé illuminati ?
dépi ni “buzz”, sav dèyè ni “gwo pwel é wélélé”
konèkté pa lé di konèt, sé kòlè, ri, pléré
fè-w kriyé RIP avan Césaire
Mandela désédé : zòt swef gwo pwel, zòt swef wélélé

chak jou sé pléré, ri, viré pléré
pa ni tan réfléchi
an tout mannyè, mwen sav zòt pa mantjé mélé
gwo pwel & wélélé
toujou ka vwéyé kò-w monté, pri adan tout maji
gadé ti dwet-la lè i montré-w lalin
mwen sav zòt pa mantjé mélé
gwo pwel & wélélé

d’une époque où il fallait être debout derrière ses paroles
aujourd’hui les rappeurs sont assis derrière des ordinateurs
parlent de koker plein de filles bonnes, mode beau parleur
confondent la vraie vie et youporn, prestidigitateurs
gangsters youtube, révolutionnaires 2.0, deviennent héros
quand petits et grands n’ont plus de recul devant l’écran
la dictature des émotions, “gwo pwel & wélélé”
la course au plaisir rapide, “gwo pwel & wélélé”
toujours donner son avis, même quand on n’a rien à dire
la démocratie virtuelle, “gwo pwel & wélélé”
l’information en temps réel, séduire les instincts des bas-fonds,
petites phrases sans débat de fond, “gwo pwel & wélélé”
indignation facile, colère ponctuelle, zapping,
discours type “tous pourris”, “gwo pwel & wélélé”
gwo pwel & wélélé !
konbyen son dancehall zòt pé fè ka palé dè fès ka brennen ?
mé mwen sav lé mèm ké di “EDS., ou ni dé pawòl séryé !”
dèyè kay kouté yenki artis gwo pwel é wélélé
Track Name: De Fils en Père
Caribéen de fils en père jusqu'à l'ancêtre venu d'Afrique
Et d'Inde, peut-être un peu anglais, qu'en sais-je, mon nom de famille
N'est qu'un arbre généalogique sans tête, scalpé
Par un officier d'état civil français, riant de ces nègres
Anonymes, rangés en file indienne
à qui l'on attribuait des noms d'objet, ou de caractères physiques
en guise de patronymes, mais on s'approprie
ces noms communs en hommes fiers à la manière
De mon grand-père... et son fils
recréant notre propre lignée, Antillais
Passés maîtres dans l'art de conjurer une origine embuée
et en faire une appellation certifiée
Et les descendants de l'officier peuvent en rire, demander où est le problème
mais pour l'esclave affranchi ce nom de famille
est la seule richesse qu'il possède, la seule promesse
d'en faire un homme libre, à défaut d'un morceau de terre
Donc il protège son domaine, ce mot vide
de toute origine, en fait le sommet de son totem,
Afin qu'il prospère et porte ses fruits,
nourri de sa propre sève...

Les pères grandissent et les fils transmettent
de père en fils et de fils en père
Sèment les fruits d'une nation bicentenaire
de père en fils et de fils en père

Je suis la construction artificielle
du capitalisme le plus extrême qui ait existé
sur le planisphère, réduction de l'homme
à une force de production sans besoin à satisfaire
Peuple des îles, non désiré,
Résidu de la rencontre des continents,
Traînée de poudre laissée sur la route des Indes
qui se termina en triangle..
De l'explosion naît le marron, qui par une nuit
sans astre et sans lune, brisa ses chaînes, et finit libre
sans acre et sans mule,
car la France tourne les pages de l'Histoire sans dates et non lues...
Peuple funambule sur un fil tendu
Au-dessus d'un passé où tant de frères
Furent pendus pour indiscipline, Dissident
Père d'une nation qui s'ignore... et qui signe
Pour l'assimilation, car ventre vide
N'a pas de temps pour une passion aussi noble..
Laissant les indices au fils pour s’y lancer
Cette culture accidentelle qui prend racine dans le tumulte
En perpétuel conflit, mais qui se transmet
de père en fils et porte le cri de nos futurs ancêtres...
De père en fils et de fils en père.
Track Name: Yéyé Yèyèz
Péyi-mwen ni sékel, ki pa ni pansman
E man pa djè kwè an jou ké ni chanjman
Mwen pa dòktè, mwen pé pa djéri-y
Paw kont mwen ké sa jwé adan-y fwanchman
moun o péyi konpwann yo adan an tan, pas yo trapé trant an
Lé fè plan yenki yo ansanm
Yo di sé ti jèn ka mété an mové anbyans
Aa pétet i mové, mé o mwen ni yonn !
Zafè asiz bwè champàn awa mwen simen rantré dan dans-lan
Pwan pyé-la fwanchman, pa fè sanblan
DJ ban-nou yan sékans, manman, fè-w lévé, “shake your bambam”
Mé ou pwan-y mòl kon ranpan
Jòdi Matnitjè konplèksé kon moun Fwans-lan
Pa ka dansé ankò si pa ni dé gram alkòl an san-y
Techno dance pasé dancehall, an an
Paa dansé zouk si i pa konnet-ou, nouvo wòl sé fanm-lan
...Zòt pa konté ba-mwen an chans ?
Ban-mwen pwan-y anbyans payòt ek moun swasant an
Pas lè sé jwenn an lo pòpòt pòtflè
Gad-kòkòt ka lévé twòp fè.. mwen sa mwen ka wè sé yenki...

Mé si artis sé vwa pep-la, pep-mwen asou wotè brennen bonda-y
Jéré lé "sexy", siwoté chanpàn
Mé fòk sa bwè-y san ped tout mous-li
Pou sa yèyèz kay yenki wè konsèr akoustik
Bel ti son mòl ki paa fè brennen pa menm an moustik,
Nou ni plis ganm ki ni baret anlè senti Bruce Lee
An mizik épi yan model rasin
Nou pwan yanm dachin, nou ay fè piré Mouslin
Adan tout il mizik neg sé an machin
Matinik ka sèvi "Soupline" !
Sé son lé zòt ki met, ta-nou sé soup é dancehall "kleenex"
Sousé moun, karé ba frè-nou ka fè an son ki nef
Nam-nou pa adan mizik ankò, ou pa djè ka tann an son ki red
Fyè di lèspri-nou pli ouvè... kon lajòl ek an finet
Ou di mwen two souba, poutji pa pwan-y an finès,
An vré nou pè di sa nou yé, pou sa nou sé..

Pawòl ka pitjé kon mouch ki enmen myel
Mé kon bètafé i ké vwéyé limyè
Alò pa flipé, nou tou té débyel
Menm si “Yéyé jòdi sé pa Yéyé yè”
Alè tout moun san fouté, tout moun “carpe diem”
Si ou babiyé, i ké fè-w pé gyel
Pas i envèsti twòp pou fè dèyè
Mwen di-w “Yéyé jòdi sé pa Yéyé yè”


Yéyé jòdi ni jet-ski, yè sété boostè
Pa menm pri pou sa péyé
Yè sa bel si i péyé-w an ti labyè
Jòdi dé boutey pati adan an dimiyè...
Pa pou di i ka genyen plis ki yè
Mé bon, pa mwen ki vwéyé-y...
An baay ki vré jòdi mé ki té vré yè
Réyel yèyèz pa ka péyé ayen
Pa ka janbé bayè, toujou jwenn an mako
A lantré ké ba-y lè, i toujou ka griyen
Ek bonjou-y pa gratui, fòk ni an statu
Ou ka fè “garden party”, “salut, comment vas-tu ?”
Yèyèzri sé maladi ki ké toujou daktu
Mak dépozé Matnik, “comme rhum de canne à sucre”
An sel bagay chanjé jòdi
Manman-w paa soutiré-w, sé labank ka fè-w krédi
Track Name: Pawòl
pa sav sa ka alé la
nou la ka goumen pou an ayen, pa ni mwayen nou pozé kò-nou
vini bò-mwen la
pou nou kozé, san nou, chiré kò-nou

nonm pa enmen palé an lo pawòl
é lè fanm anni désidé pwan-y red i pa mòl
a pa wòl, ni dé mo ki ka sonnen an tet-ou
kon kalòt, boug, jòdi sé pou-w, dèmen ké an lòt, pa flipé
nonm paa rété tou long blotjé asou pawòl
ou ba-y tò, i dakò, ba-y pawòl sé van
mé fanm toujou sonjé tout ti pawòl
Rrsòti-y, kon lanm pou pitjé-w,
ba-y pawòl sé tan. Nonm konpwann
van ka souflé, épi pati, pa dig, mé déga i kozé
ka aji lontan.. é tan-taa frajil
van soukwé-y, lannuit filé, tan babiyé paa fini, é man...

nonm paa palé an lo mé lè i palé sé sa i di
pa chèché douvan, dèyè, pawòl nonm bazik
i pa ni pliziè sans, pa bizwen analizé-y dan magazin
sé blan ou nwè, pa ni gri
tann nonm di konpwann pawòl fanm pa ‘easy’
pa ni menm sans lè an fanm égri
fanm-ou di-w : “fè sa ou lé, pa ni bri”
ou anni di kò-w “pa digin” ? Sonjé bien i pa di-w wi
ou pati épi kanmarad, an balad
é ou pa viré two ta, jéré tout baay-ou pwopa
lè ou viré an kay-la, wopap ! Moun-lan paa palé
fidji-y maré, chimen kabann-lan baré é mwen..

nonm é fanm paa palé menm lang
ou bien ka palé san menm tann, nou
asou dé frékans ka jwé an menm tan
é nou pa menm pwan ka chanté adan menm ton-la
é mwen pa sav sa ki fè-nou kité silans répann
poutji pawòl rété san répons
alò vini bò-mwen la, pou nou pé chanté menm son-la..

femmes, trop complexes ou nous qui sommes trop basiques, frère ?
minimalistes comme basse kick snare
mal armés pour satisfaire, et n’est pas de ce mix
celui qui percera le mystère !
et je me méfie de ces experts qui te glissent de sales disquettes
maîtrisent cet art qui se perd
du langage des femmes, moi je préfère les stats discrètes
de celui qui à l'écoute de sa miss reste..
Track Name: Sa Nou Ka Viv
nou sa plenn kò-nou pou ayen, jis tan nou jwenn an jou malè
dèmen tan ké djéri chagren, pa sèten i ké chayé doulè
poutan sa nou ka viv-la bel, mérité an ti rapel
an ti bisé, an ti favè, pou nou tout sa kontinyé
fè moman-tala diré, filé kon koutla
pa kon papa ki pa ka asimé boudchou-a
nou sé moman jwa nou ka simen, menm si lapenn, tristès,
é moman grav ka fasiné tout moun-la
sé pa an sa lavi-nou anrasiné...
menm jan nou ka travay tout lasimenn pou sou-la
tjwé kò-nou, trapé an ti moman kalité, moman jwa kon zétwal filant
an mitan lannuit nwè kalsiné,
fòk ou sa fè limyè-y sèvi grenn, é ba lavi-w bon rasin…
pou sa nou di sé jwa nou ka simen

nou sa plenn kò-nou pou ayen, jis tan nou jwenn an jou malè
dèmen tan ké djéri chagren, pa sèten i ké chayé doulè
poutan sa nou ka viv-la bel…
ka fè kon si nou san ayen, poutan alantou-nou ni chalè
mandé ki tan nou kéy genyen, pa ka wè tousa nou ka ped
poutan sa nou ka viv la bel…

sa nou ka viv-la... mérité an ti rapel
an ti bisé, an ti favè, pou nou tout sa kontinyé
wè sa ki douvan-nou ni valè… ek i pé disparet
adan an koudvan, pwan gad pa divini aveg, kité-y chapé
an lòt pou pwan-y, sa ou simen viré kon “boomerang”, adan an batzyé
i pé foukan, é sé tristès-la apré ké fè-w sav a pa kon sa ou té pou pwan-y
annou payé ou té enmen-y poutan, sa nou ka wè-y two ta souvan
ba-y valè-y toutan i douvan-w, pou lè ou sonjé-y pa yenki soufwans
pou lè ou sonjé sa zòt viv ansanm, listwa pa ped tout sans-li
menm si sa fini, sav an bonnè pa té koud chans
sonjé pé dous, anmè, mwen chwézi kité anmè bòd lanmè
maché épi dousè kon ganmè, sa ki bel pa pasé gòm anlè-y
menm si tan-y èkspiré, lèspri ka fè-y diré
moman kalité pa kité-y filé

sa nou ka viv-la, mérité an ti rapel
an ti bisé, an ti favè, pou nou tout sa kontinyé wè sa
granpapa-mwen alé, dé gran-manman-mwen alé
lé tonton two to yo pati, ba fanmi fòs pou tjenbé
ek di mèsi lavi rivé, an zyé-yo i ka kontinyé, moman jwa fè mémwa vibré,
pa ni sonjé pou sakrifyé, sonjé tousa ki bel, fè di nou sa nou yé,
ké fè dèmen nou sa rivé...
Track Name: Exercice de Style
mais laisse la rime à ceux qui pratiquent et qui jamais ne fatiguent
écrivent avec parfaite maîtrise de la métrique syllabique
décrivent à l'encre magique des bribes, des tranches de la vie
des rires, intense nostalgie, des crises, instants tragiques
méprisent les normes établies, délivrent les hordes couardes des griffes,
des cages et des prisons qu'elles-mêmes ont bâties
débranchent les câbles des prises, les plongent dans le noir et défrichent
des paysages fantastiques qui étanchent leur soif d'esthétisme
car le style est massif, les types érigent en classiques des rimes
riches, plates, embrassées, croisées, même assez techniques
les posent en quatre, huit, seize mines, les placent au-delà de lignes ennemies
une rime en vrac éclate les barrières, les dégâts se chiffrent en carrières
détruites par dizaines de mille, des yeux écarquillés, “kokiyèndé”, “loli”,
m’est égal qu’il n’y ait pas de happy ending
on te fait des galipettes, vrilles, saltos arrières, comme dans NBA Jam,
ce jeu de basket où il n’y avait pas de “goaltending”...

vise le K.O. technique, chaque ligne “ovation standing”
tandis que les gars s’extasient sur des rimes de base qu’avec Alphaaz
on jetait il y a six ans, même dix.. ça devient affligeant même pire
passe du fascinant au facile au faussement agile
et tout ça manque de style devrais-je dire.. d’épices et de piment
ne sont que les disciples d’un même style, oublient qu’il y a maîtrise dans “M.C.”
lâchent du lourd sans magie, du coup j’enrage
l’art qui se démocratise, c’est automatique, perd son aura
de quoi tu me parles “reste underground” ? les MCs que j’admire sont mainstream
Andre 3000, Jay-Z, Big Boi, Nasir, Kendrick
les autres ? s’appliquent, mériteraient le satisfécit
moi ils me fatiguent, c’est si fade, rap en plastique, récitent
leçon bien apprise dans ce game qui a pour seul arbitre les chiffres
plus de 16 ans de pratique, partie de plaisir, j’apprécie le défi
réécoute mes classiques “made in nina”, maxis d’hifi lesly
la relève locale hélas n’en a pas saisi l’esprit

tu me parles de résultat, je te parle de prestige
tu me parles de faire du sale je te parle de ce que j’exprime
tu me parles de la force d’une frappe, je te parle du Brésil
je te parle de laisser une trace, toi tu ne seras
que l’éternel remix qui un bref instant existe, puis expire
plus le temps que je t’explique l’esprit, je l’ai fait mille fois
faire du rap en série, non merci, même sans succès d’estime
je persiste et signe, Eds., exercice de style